{"id":1115,"date":"2025-06-02T16:00:00","date_gmt":"2025-06-02T14:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/2030investirdemain.com\/?p=1115"},"modified":"2025-06-03T16:45:36","modified_gmt":"2025-06-03T14:45:36","slug":"atelier-3-made-in-france-comment-les-consommateurs-peuvent-accelerer-la-relocalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/2025\/06\/02\/atelier-3-made-in-france-comment-les-consommateurs-peuvent-accelerer-la-relocalisation\/","title":{"rendered":"Made in France : comment les consommateurs peuvent acc\u00e9l\u00e9rer la relocalisation"},"content":{"rendered":" \n  <div id=\"\" class=\"bloc textEntete position-relative\">\n    <div class=\"container position-relative text-center\">\n            <h2 class=\"apparition animDelay250 titre38 mb-4 mb-md-5\">\n        Made in France : comment les consommateurs peuvent acc\u00e9l\u00e9rer la relocalisation       <\/h2>\n      <div class=\"apparition animDelay500\">\n              <\/div>\n      <div class=\"apparition animDelay750\">\n        <p><strong>Le groupe de travail \u00ab Relocalisation juste \u00bb, co-pilot\u00e9 par Sycomore AM, a consacr\u00e9 son troisi\u00e8me atelier \u00e0 explorer le r\u00f4le potentiel des consommateurs dans les d\u00e9cisions de relocalisation. <\/strong><\/p>\n      <\/div>\n    <\/div>\n  <\/div>\n    \n\n  <div id=\"\" class=\"bloc textImage mb-0  imageGauche position-relative\">\n    <div class=\"container position-relative\">\n      <div class=\"row\">\n                  <div class=\"col-12 order-md-1 col-md-5\">\n          \n          <\/div>\n                <div class=\"col-12 order-md-2 col-md-7\">\n          <h2 class=\"apparition\">\n                      <\/h2>\n        <\/div>\n        <div class=\"col-12 col-md-5 order-md-3\">\n          <div class=\"cadreImage\">\n            <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/2030investirdemain.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Format-photo-type-BO-ID-8.png\" class=\"w-100 myshadow apparition animDelay250 apparitionFromLeft\" \/>\n                      <\/div>\n        <\/div>\n        <div class=\"col-12 col-md-7 order-md-4 d-flex align-items-center \">\n          <div>\n            <div class=\"apparition mt-4 mt-md-0\">\n              <p><strong>Les consommateurs peuvent-ils \u00eatre un facteur de relocalisation ?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est autour de cette question qu\u2019a \u00e9t\u00e9 construit le troisi\u00e8me atelier du groupe de travail consacr\u00e9 \u00e0 la \u00ab Relocalisation juste \u00bb, co-pilot\u00e9 par Sycomore AM.<\/p>\n<p>L\u2019objectif : explorer dans quelle mesure les choix de consommation peuvent contribuer \u00e0 soutenir la production made in France, dans un contexte marqu\u00e9 par la d\u00e9sindustrialisation, la crise du pouvoir d\u2019achat et les aspirations croissantes \u00e0 une \u00e9conomie plus sobre et plus souveraine.<\/p>\n            <\/div>\n                      <\/div>\n        <\/div>\n      <\/div>\n    <\/div>\n  <\/div>\n    \n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En ouverture, les participants ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 revenir sur une contribution partag\u00e9e en amont par Thomas Huriez, fondateur de la marque 1083. \u00c0 travers son exp\u00e9rience d\u2019entrepreneur engag\u00e9 dans le red\u00e9veloppement de la fili\u00e8re textile en France, ce dernier d\u00e9fend une conviction forte : c\u2019est la proximit\u00e9 \u2014 g\u00e9ographique, mais aussi \u00e9motionnelle et temporelle \u2014 qui cr\u00e9e l\u2019engagement des citoyens et encourage des choix de consommation responsables. \u00ab Plus c\u2019est loin, plus on se sent d\u00e9sengag\u00e9. Mais quand c\u2019est proche \u2014 g\u00e9ographiquement ou \u00e9motionnellement \u2014 on a tendance \u00e0 faire des choix plus responsables \u00bb, avait-il observ\u00e9. Pour lui, recr\u00e9er des fili\u00e8res locales, plus lisibles et accessibles, ne permettrait pas seulement de relocaliser la production, mais aussi de nourrir un narratif commun et de renforcer le sentiment d\u2019appartenance et de coh\u00e9rence entre choix individuels et enjeux collectifs.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Revenant sur les \u00e9volutions de perception du made in France, Charles Huet, co-fondateur de la Carte fran\u00e7aise, a r\u00e9agi en pr\u00e9ambule en rappelant que \u00ab dans les ann\u00e9es 1990, le sujet restait cantonn\u00e9 aux sph\u00e8res militantes, dans un contexte d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la mondialisation, qui s\u2019est poursuivie dans les ann\u00e9es 2000 avec une d\u00e9sindustrialisation particuli\u00e8rement marqu\u00e9e en France \u00bb. Le tournant s\u2019op\u00e8re au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 : le made in France gagne en visibilit\u00e9 et s\u2019impose peu \u00e0 peu dans l\u2019agenda m\u00e9diatique \u00ab comme l\u2019un des th\u00e8mes les plus consensuels du pays, quelles que soient les chapelles id\u00e9ologiques \u00bb, port\u00e9 \u00e0 la fois par l\u2019\u00e9mergence de nouvelles marques engag\u00e9es et par des initiatives publiques structurantes.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, la crise du Covid a marqu\u00e9 un \u00ab point de bascule pour un certain nombre de consommateurs rattrap\u00e9s par la r\u00e9alit\u00e9 avec l\u2019inflation \u00bb, a-t-il poursuivi. La hausse des co\u00fbts de production pour les fabricants fran\u00e7ais, conjugu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9rosion du pouvoir d\u2019achat, a frein\u00e9 la dynamique. R\u00e9sultat : malgr\u00e9 un \u00e9cho m\u00e9diatique persistant, le made in France ne repr\u00e9sente aujourd\u2019hui qu\u2019une part minoritaire des achats des Fran\u00e7ais. \u00ab Tout le monde y aspire, mais la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est que peu de personnes en consomment. Il y a un \u00e9norme d\u00e9calage entre les paroles et les actes \u00bb, a-t-il d\u00e9plor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des freins persistants<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce contraste entre consensus culturel et r\u00e9alit\u00e9 des achats s\u2019explique par un ensemble de freins persistants, qui entravent encore aujourd\u2019hui le d\u00e9veloppement de la consommation de produits made in France. L\u2019un des premiers obstacles point\u00e9s par Charles Huet tient \u00e0 un d\u00e9ficit de notori\u00e9t\u00e9 et de culture g\u00e9n\u00e9rale autour des marques tricolores. \u00ab Les consommateurs restent massivement tourn\u00e9s vers les grandes enseignes g\u00e9n\u00e9ralistes, et m\u00e9connaissent souvent les alternatives 100 % fran\u00e7aises \u00bb, a-t-il soulign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette m\u00e9connaissance s\u2019accompagne d\u2019un probl\u00e8me d\u2019identification : \u00ab Il y a souvent un gros probl\u00e8me de nationalit\u00e9 apparente d\u2019un produit ou d\u2019une marque. \u00bb Certaines marques per\u00e7ues comme \u00e9trang\u00e8res, \u00e0 l\u2019image de Coca-Cola ou McDonald\u2019s, produisent par exemple majoritairement en France. \u00c0 l\u2019inverse, la pr\u00e9sence d\u2019un drapeau tricolore ou d\u2019un nom francis\u00e9 ne constitue pas une garantie de fabrication locale. R\u00e9sultat : les rep\u00e8res sont flous, et les consommateurs peinent \u00e0 s\u2019orienter.<\/p>\n\n\n\n<p>Le prix constitue \u00e9galement un frein r\u00e9guli\u00e8rement mentionn\u00e9. \u00ab Le made in France est per\u00e7u comme plus cher \u00bb, a not\u00e9 Charles Huet. Une perception tenace, bien qu\u2019elle ne refl\u00e8te pas toujours la r\u00e9alit\u00e9. Plusieurs marques populaires, telles que Dop, Bic ou Mousline, proposent des produits fabriqu\u00e9s en France \u00e0 des prix comp\u00e9titifs, ont soulign\u00e9 les intervenants. Ces exemples restent toutefois peu identifi\u00e9s comme tels. Le manque de visibilit\u00e9 et l\u2019absence d\u2019un r\u00e9cit commun sur le made in France contribuent \u00e0 entretenir cette id\u00e9e re\u00e7ue, m\u00eame lorsque les \u00e9carts de prix sont minimes ou inexistants.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre \u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif : l\u2019acte d\u2019achat reste avant tout guid\u00e9 <em>par<\/em> d\u2019autres crit\u00e8res que l\u2019origine ou l\u2019impact socio-\u00e9conomique du produit, selon Charles Huet. \u00ab Est-ce qu\u2019il me va ? Est-ce que j\u2019en suis fier ? Est-ce qu\u2019il est \u00e0 la mode ? \u00bb \u2014 autant de dimensions subjectives qui continuent de primer dans les arbitrages des consommateurs. \u00ab Le made in France n\u2019est pas un moteur d\u2019achat : c\u2019est une fiert\u00e9 suppl\u00e9mentaire, mais ce n\u2019est pas ce qui fait basculer la d\u00e9cision. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Carte fran\u00e7aise : un levier sous-utilis\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Chaque ann\u00e9e, les comit\u00e9s sociaux et \u00e9conomiques (CSE) distribuent plus de 2 milliards d\u2019euros de cartes cadeaux, a rappel\u00e9 le co-fondateur de la Carte fran\u00e7aise \u2014 une carte cadeau exclusivement utilisable aupr\u00e8s d\u2019enseignes et de marques dont plus de 70 % des produits sont assembl\u00e9s en France. Pourtant, moins de 10 % des CSE font le choix de cette carte. \u00ab Tous me disent : le made in France, j\u2019adore. Mais tr\u00e8s peu passent \u00e0 l\u2019acte \u00bb, a regrett\u00e9 Charles Huet.<\/p>\n\n\n\n<p>En pratique, pr\u00e8s de 90 % des montants sont ainsi capt\u00e9s par une quinzaine d\u2019enseignes g\u00e9n\u00e9ralistes, privil\u00e9gi\u00e9es par les salari\u00e9s. Or les \u00e9lus, bien qu\u2019a priori sensibles aux enjeux du made in France, cherchent aussi \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ces attentes. Pour inverser cette tendance, il faudrait selon lui notamment \u00e9largir le r\u00e9seau de partenaires et am\u00e9liorer la lisibilit\u00e9 de l\u2019offre, afin de rendre le choix du made in France plus naturel et attractif.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les atouts du made in France<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces freins, Charles Huet a rappel\u00e9 quelques-uns des atouts li\u00e9s \u00e0 la consommation de produits made in France. Sur le plan environnemental, la France b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un avantage d\u00e9cisif gr\u00e2ce \u00e0 \u00ab son mix \u00e9lectrique, le moins carbon\u00e9 du monde \u00bb. Sur le plan social, privil\u00e9gier la production nationale contribue au \u00ab&nbsp;financement du mod\u00e8le social, renforce la souverainet\u00e9 \u00e9conomique et soutient la coh\u00e9sion territoriale&nbsp;\u00bb, a-t-il d\u00e9fendu&nbsp;: \u00ab Il n\u2019y a rien de plus vert, de plus \u00e9co-responsable, de plus sobre que le made in France&nbsp;\u00bb. Pourtant, certains consommateurs se tournent vers des produits fabriqu\u00e9s en Europe, souvent per\u00e7us comme plus accessibles. \u00ab Mais ces choix ne pr\u00e9sentent aucun b\u00e9n\u00e9fice direct pour l\u2019emploi et le mod\u00e8le social fran\u00e7ais \u00bb, a-t-il nuanc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains secteurs semblent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un lien plus direct avec les pr\u00e9occupations des consommateurs, notamment en mati\u00e8re de sant\u00e9, a observ\u00e9 Charles Huet. \u00ab Pour l\u2019alimentaire, le made in France reste associ\u00e9 \u00e0 une garantie de qualit\u00e9 forte, tandis que les jouets fabriqu\u00e9s en France peuvent \u00eatre per\u00e7us comme plus s\u00fbrs pour les enfants. \u00bb \u00c0 ses yeux, \u00ab tout le monde a une bonne raison d\u2019acheter du made in France \u00bb \u2014 qu\u2019elle soit d\u2019ordre syndical, environnemental, patriotique ou entrepreneurial. \u00ab&nbsp;Le made in France constitue un levier d\u2019action quotidien, consensuel, puissant \u2014 mais encore difficile \u00e0 actionner \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Encourager la consommation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour encourager davantage la consommation de produits made in France<\/strong><strong>,<\/strong> Charles Huet a \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019actionner plusieurs leviers, en particulier \u00e9conomiques, dont la revalorisation du pouvoir d\u2019achat via les employeurs, mais aussi une orientation plus strat\u00e9gique des soutiens publics. \u00ab M\u00eame \u00e0 argent public constant, on peut obtenir un effet multiplicateur sur l\u2019emploi et le financement du mod\u00e8le social \u00bb, a-t-il soulign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 titre d\u2019exemple, les milliards d\u2019euros de primes vers\u00e9es chaque ann\u00e9e par l\u2019\u00c9tat pourraient potentiellement \u00eatre orient\u00e9s vers des cartes de paiement exclusivement utilisables pour l\u2019achat de produits fabriqu\u00e9s en France. Un dispositif qui renforcerait la visibilit\u00e9 des marques fran\u00e7aises et initierait un apprentissage culturel et \u00e9conomique du made in France, selon Charles Huet. La commande publique constitue un autre levier souvent sous-exploit\u00e9. Sans instaurer de pr\u00e9f\u00e9rence nationale, plusieurs intervenants ont fait remarquer qu\u2019il serait possible d\u2019orienter les achats publics vers des objectifs coh\u00e9rents avec les enjeux \u00e9conomiques, sociaux et environnementaux.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres pistes \u00e9voqu\u00e9es rel\u00e8vent d\u2019une approche plus culturelle. Il s\u2019agirait notamment de mieux faire conna\u00eetre le made in France, de faciliter l\u2019identification des produits et de construire un r\u00e9cit capable de susciter l\u2019adh\u00e9sion. Beaucoup de Fran\u00e7ais ach\u00e8tent sans le savoir des produits fabriqu\u00e9s localement, faute de lisibilit\u00e9 sur l\u2019origine, les labels ou les marques. Pour Charles Huet, acheter fran\u00e7ais, \u00ab ce n\u2019est pas seulement un acte pour soi, c\u2019est un acte pour les autres \u00bb. Cela suppose une part de projection, parfois de renoncement \u00e0 des r\u00e9flexes court-termistes \u2014 d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de rendre ce r\u00e9cit plus accessible, plus incarn\u00e9, plus d\u00e9sirable.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les consommateurs eux-m\u00eames ont un r\u00f4le central \u00e0 jouer, au-del\u00e0 du simple acte d\u2019achat. Interroger un vendeur, faire part de ses attentes \u2014 autant de gestes gratuits qui, cumul\u00e9s, peuvent peser sur les choix d\u2019un distributeur. \u00ab Le consommateur ne donne pas que de l\u2019argent : il transmet aussi un signal \u00bb, a relev\u00e9 Charles Huet. \u00c0 ses yeux, consommer made in France renvoie \u00e0 une question plus large de responsabilit\u00e9 collective et d\u2019altruisme. \u00ab Cela questionne l\u2019intensit\u00e9 de nos sentiments d\u2019\u00e9co-responsabilit\u00e9. Si on veut une soci\u00e9t\u00e9 responsable, il faut soi-m\u00eame agir de mani\u00e8re responsable et montrer l\u2019exemple. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Valoriser le made in France<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si certaines entreprises mettent en avant leur ancrage local, le made in France est rarement \u00e0 l\u2019origine de leurs choix strat\u00e9giques. Chez Renault, par exemple, la production de la nouvelle R5 en France s\u2019explique essentiellement par la nature du produit \u2014 un v\u00e9hicule \u00e9lectrique \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e \u2014 plut\u00f4t que par une attente explicite des consommateurs, a expliqu\u00e9 Cl\u00e9mentine De Quatrebarbes, Relations analystes et investisseurs chez Renault Group.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab \u00c0 faible diff\u00e9rentiel de prix, le consommateur peut privil\u00e9gier le produit fran\u00e7ais. Mais si l\u2019\u00e9cart est trop important, il faut que l\u2019image de marque le compense&nbsp;\u00bb, a-t-elle indiqu\u00e9. Le made in France semble ainsi rester dans bien des cas un argument de valorisation secondaire \u2013 \u00ab une cerise sur le g\u00e2teau \u00bb &#8211; mais rarement un crit\u00e8re d\u2019achat principal. Dans cette logique, le marketing vient sublimer une d\u00e9cision industrielle pr\u00e9existante : \u00ab On tire le meilleur parti d\u2019une strat\u00e9gie d\u00e9j\u00e0 arr\u00eat\u00e9e, en valorisant les savoir-faire et l\u2019ancrage local. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et du c\u00f4t\u00e9 des investisseurs ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les consommateurs peuvent encourager la relocalisation par leurs actes d\u2019achat, les investisseurs pourraient eux aussi contribuer \u00e0 structurer un \u00e9cosyst\u00e8me favorable au made in France. Plusieurs intervenants ont \u00e9voqu\u00e9 cette piste encore peu d\u00e9velopp\u00e9e. \u00ab Une fois qu\u2019on a identifi\u00e9 quelques grandes entreprises, ainsi quelques start-up, est-ce que l\u2019univers d\u2019investissement offre une profondeur suffisante ? \u00bb, s\u2019est interrog\u00e9e Karine Leymarie, responsable de l\u2019expertise en investissement et finance durable chez MAIF.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On va voir \u00e9merger davantage de fonds autour du th\u00e8me de la souverainet\u00e9 \u00bb, a anticip\u00e9 Gr\u00e9goire Coust\u00e9, en \u00e9voquant l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019y int\u00e9grer une dimension made in France. Pour Charles Huet, il serait pertinent de proposer des supports d\u2019\u00e9pargne \u2014 y compris dans l\u2019\u00e9pargne salariale \u2014 orient\u00e9s vers des entreprises ayant une forte empreinte industrielle en France ou en Europe. Ces supports pourraient par exemple prendre la forme de fonds th\u00e9matiques, r\u00e9pondant \u00e0 une attente croissante des investisseurs : \u00ab Selon notre dernier sondage sur les Fran\u00e7ais et l\u2019investissement responsable, 70 % d\u2019entre eux consid\u00e8rent le \u2018d\u00e9veloppement \u00e9conomique local\u2019 comme une th\u00e9matique prioritaire \u00bb, a ajout\u00e9 Gr\u00e9goire Coust\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, comme l\u2019a soulign\u00e9 Tarek Issaoui, chef \u00e9conomiste responsable des processus de gestion chez Sycomore AM, \u00ab il faut que la rentabilit\u00e9 soit au rendez-vous \u00bb \u2014 un crit\u00e8re que les \u00e9pargnants peinent encore \u00e0 projeter dans le long terme. Karine Leymarie a d\u2019ailleurs insist\u00e9 sur l\u2019importance d\u2019un travail de simplification et de narration : \u00ab Les \u00e9pargnants ont des attentes fortes en mati\u00e8re d\u2019investissement local. Aujourd\u2019hui, ce qui parle le plus, ce sont les projets solidaires, concrets, implant\u00e9s dans les territoires. Mais on pourrait aussi construire ce r\u00e9cit autour de grandes entreprises, qui disposent elles aussi d\u2019un v\u00e9ritable ancrage local. Il y a encore un biais de perception \u00e0 d\u00e9passer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019autant plus important que certaines entreprises, comme LVMH ou Herm\u00e8s, ont une empreinte industrielle en France bien plus \u00e9lev\u00e9e que leurs ventes sur le territoire. \u00ab Ils produisent dix fois plus en France qu\u2019ils n\u2019y vendent \u00bb, a pr\u00e9cis\u00e9 Charles Huet. Mais leur image \u2014 associ\u00e9e au luxe \u2014 ne renvoie pas spontan\u00e9ment \u00e0 l\u2019emploi local, ce qui rend leur int\u00e9gration dans des fonds th\u00e9matiques potentiellement contre-intuitive. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un effort de p\u00e9dagogie et de simplification, pour clarifier la promesse port\u00e9e par ces produits.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ouverture, les participants ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 revenir sur une contribution partag\u00e9e en amont par Thomas Huriez, fondateur de la marque 1083. \u00c0 travers son exp\u00e9rience d\u2019entrepreneur engag\u00e9 dans le red\u00e9veloppement de la fili\u00e8re textile en France, ce dernier d\u00e9fend une conviction forte : c\u2019est la proximit\u00e9 \u2014 g\u00e9ographique, mais aussi \u00e9motionnelle et temporelle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1116,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-1115","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-social"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1115"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1248,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1115\/revisions\/1248"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/2030investirdemain.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}